3 stations pour un vautour

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A la fin du mois de novembre 2019, le centre de soins Rita Roux pour la faune sauvage, affilié au Muséum d’histoire naturelle de Fribourg, a reçu un jeune vautour fauve très affaibli. Cette espèce est observable en Suisse, mais elle n’est présente dans nos montagnes que pendant la belle saison. En principe, à partir de septembre déjà, ces géants des airs ont quitté nos régions pour se rendre dans les Alpes du Sud ou en Espagne. 

Le jeune individu recueilli à Fribourg avait manifestement raté son départ. Inexpérimenté, soumis au froid et privé de ressources suffisantes en nourriture, il est arrivé très amaigri au centre de soins de Fribourg. En premier lieu, les soigneurs lui ont fourni des nourrissages adaptés pour qu’il puisse reprendre des forces. Mais ensuite, l’hiver suisse n’étant pas adapté à l’espèce, une remise en liberté sur place et à cette saison était hors de question.

C’est alors que s’est enclenché un beau processus de collaboration entre différents centres de soins. Le COR a été informé et est intervenu pour faire le relais avec une troisième structure : le Tichodrome (centre de sauvegarde de la faune sauvage) situé en Isère en France. Ni le COR ni Rita Roux ne possédaient de volière adaptée pour héberger ce géant plusieurs mois jusqu’à une remise en liberté dans de bonnes conditions climatiques. Les deux équipes suisses ont donc collaboré pour organiser un transport vers le Tichodrome, plus à même de répondre aux besoins de l’oiseau. Le centre français a accepté de prendre le vautour en charge et a pu organiser un relâché avec des organismes partenaires (la LPO et le parc naturel régional du Vercors) pour que le jeune vautour retrouve sa liberté (et ses congénères) dans un site adapté. 

Quelques échanges par mail ou téléphone, un dialogue ouvert et efficace entre les structures de soins et une dose de bonne volonté et de passion ont permis d’agir rapidement pour le bien d’un oiseau qui, sous ses airs de fossoyeurs, mérite notre attention et notre admiration. Le retour à la vie sauvage de ce jeune vautour a eu lieu dans le massif du Vercors le 8 janvier 2020. Il marque l’occasion de se réjouir des collaborations inter-cantonales et transfrontalières et permet de se souvenir à quel point elles sont précieuses.

Le saviez-vous ? 

  • Le vautour fauve peut atteindre 2,6m d’envergure et fait partie des plus grands oiseaux observables en Suisse, avec entre autres le Gypaète barbu. 
  • Le vautour fauve est un charognard et il joue un rôle essentiel. Il se nourrit sur les carcasses d’animaux (le plus souvent des bêtes d’élevage mortes à l’alpage) et permet la prévention des maladies en « nettoyant » les déchets carnés en décomposition. Sur ce point, son cousin le Gypaète barbu vient achever le travail en ingurgitant les os. 
  • Vous pouvez observer des groupes de vautours fauves dans les Alpes et les Préalpes suisses tout au long de l’été, par exemple dans le canton de Fribourg du côté du Kaiseregg. 

Article Lula Golay et © Photos Michel Baud et le Tichodrome.

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